Mayors of the World Summit

Paris Statement

17 March 2000
CITIES are destined to become most densely populated centers for human life in the next century. History has shown that, whereas urban development can create instability, it can also be a factor of important cultural, social and economic achievements. It must therefore be controlled in order to safeguard the living environment of city dwellers and preserve the social linkages between them.
THE importance of cities in terms of social, economic and cultural development is going to steadily grow because, more than ever, cities will become focal points for solidarity, social cohesion, development, citizenship, and hence, democracy. The diplomatic role of cities will become more active in order to promote peace, fundamental aspiration among citizens.
IN the future, the large cities of the world will have to take up the same challenges with the goal, common to any urban policy, of ensuring the quality of life for city dwellers.


La ville solidaire

La table ronde est animée par Alex Taylor

Introduction

Alex TAYLOR
 Apres les thèmes de la sécurité dans les villes et del'environnement, nous allons désormais border le problème de la ville solidaire. En effet, le fossé qui sépare les plus riches des plus démunis se creuse de plus en plus. Monsieur Rodwin, vous êtes professeur d'adminis. tration de la santé à la New York University. Vous êtes un spécialiste des questions de santé publique, aux Etats-Unis comme en France. Quel est le rôle de la ville dans le domaine de la santé?
Intervention de Monsieur RODWIN, professeur à l'Université de New York (NYU)

Victor RODWIN

L'implication des villes en matière de solidarité
Les villes sont des lieux où émergent les problèmes sociaux qui n'ont pas été réglés pas l'Etat central ou les administrations régionales. Dans le secteur dela santé, les populations non couvertes par les systèmes nationaux d'assurance maladie ou par les programmes de couverture universelle finissent toujours par être prises en charge par la municipalité. Dans le secteur social, le problème de la pauvreté qui n'est pas résolu par l'Etat cen- tral est à la charge des villes. Ainsi, dans ledomaine sanitaire et social, en se fondant sur la responsabilité du dernier ressort, les villes se trouvent de plus en plus impliquées dans l'élaboration et l'application d'initiatives en faveur de la solidarité.

L'absence de données comparatives
Cependant, il est étonnant de constater l'absence d'informations systématiques et comparatives sur la situation sanitaire et sociale des grandes villes du monde. Bien que cette information soit disponible à l'échelle nationale auprès de l'ONU, de l'OMS, du BIT ou de la Banque mondiale, elle n'existe pas à l'échelle municipale. A ma connaissance, exception faite de l'initiatitive récente de la Banque mondiale, il n'existe aucune banque de données entretenue ni aucune étude comparative et internationale sur la situation sociale et sanitaire des grandes villes du monde. Or personne ne conteste la légitimité d'une ville comme unité d'analyse. L'urbanisme, l'archtecture, les politques municipales de logement, de transport, de développement économique, etc., font pourtant l'objet d'une immense littérature. Dans le domaine sanitaire et social, nous ne disponsons d'aucune étude permettant de distinguer les différentes politiques mises en œuvre à l'échelle municipale. Lorsqu'on parle de Paris, de New York ou de Tokyo, l'image physique de ces agglomérations nous vient à l'esprit, de même que leurs spécificités touristiques, culinaires ou culturelles. L'analyse de certains indicateurs sociaux permet pourtant de distinguer de nombreux phénomès.

Ainsi, le pourcentage de mères âgées de moins de vingt ans varie beaucoup entre Paris, New York et Tokyo . A Paris, il est de 1,3% ; il s'élève à 9,8% à New York et il n'est que de 0,8% à Tokyo. Prenons un autre exemple : le pourcentage de familles monoparentales. Il est 8,2% à Tokyo, de 14,7% à Paris et il atteint 35,3% à Manhattan. Nous pourrions également imaginer des comparaisons du nombre de sans-abri ou de personnes non couvertes par la sécurité sociale.

En effet, pour mieux décider, nous devons mieux observar et analyser la situation. Aucun leader ne peut se passer d'information pour définir son programme. Les villes du monde prennent de l'ampleur, cette conférence l'a démontré. A nous de nous rassembler pour tirer des comparaisons sur nos situations. Laissez-moi vous donner un dernier exempte de l'utilité de telles données issues de l'étude comparative menée par la DASES entre Les villes de New York et Paris. A New York, les années 1990 ont vu se développer une quasi-épidémie de tuberculose. Nos systèmes de surveillance étalent très efficaces. Nous avons mis en place des programmes de repérage des personnes atteintes de tuberculose et une petite armée para-professionnelle qui vérifie que les malades prennent bien leur traitement. Ainsi, le nombre de personnes contaminées a chuté. En citant Valéry, je dirai "enrichissonsnous de nos mutuelles differences" en nous connaissant mieux.