MICHEL OFFERLE

Docteur d’Etat en Science politique (1979) .
Agrégé de Science Politique ( 1984 ) .
Professeur de Science Politique à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne (depuis 1989) .
Maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris de 1984 à 1996.

Carrière universitaire :

Assistant à l'Université de Paris 1 (1971-1980).
Maître-Assistant à l'Université de Dijon (1980-1982).
Maître-assistant à l'Université de Paris 1 (1982-1984).
Professeur à l'IEP de Lyon (1984-1989).
Professeur à l'Université de Paris 1 depuis 1989.

Responsabilités universitaires :

Ancien directeur de l’Institut des Sciences sociales du Travail (ISST -Université de Paris I (1988/90) .
Membre du jury de l’agrégation de Science politique (1990-91 et 1996-97, 2002-2003)
Membre du Conseil National des Universités IV° section ( Science politique 1998-2002).
Membre du conseil pédagogique du DEA de Sciences Sociales de l'ENS-Ulm/EHESS.
Membre de la commission de spécialistes de science politique de l’université de Paris I et de l'Université de Paris IX et de la faculté de Sciences Sociales et Politiques de Lausanne.
Responsabilités scientifiques :
Membre du Conseil scientifique de la Revue Française de Science Politique de la revue Politix et de la Revue Suisse de Science Politique .
Membre du Conseil d’administration de l’Association Française de Science politique.
Membre du comité de rédaction de la revue Genèses , sciences sociales et histoire .
Co-directeur de la collection Socio-histoire aux éditions Belin .
Membre du Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne .

Directions de recherches (depuis 1994) :


Encadrement de 20 thèses en science politique et sociologie soutenues entre 1994 et 2001 (IEP LYON et PARIS, Université de Paris 1, EHESS),
Thèses , soutenues en Novembre et Décembre 2001 :
Philippe ALDRIN : « La rumeur en politique. Une sociologie de la prise de parole politique ».
Jean Gabriel CONTAMIN : «Contribution à une sociologie des usages pluriels des formes de mobilisation: l'exemple de la pétition en France »
Sabine ROZIER : « L’Entreprise- Providence . Mécénat des entreprises et transformations de l'action publique dans la France des années 1960/2000».
Marina SERRE : «Le tournant "néo-libéral" de la santé? Les réformes de la protection maladie en France dans les années 1990 ou l'acclimatation d'un référentiel de marché? ».

Encadrement de 18 thèses en cours d’élaboration actuellement.
Coordination et animation du GRIP ( Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur le Politique ) , séminaire de doctorants se réunissant 7 samedis durant l’année depuis 10 ans pour recevoir des chercheurs (matin) et pour discuter des thèses en cours (après-midi) . Ont été accueillis en 2000/2001 dans le cadre de ce séminaire de doctorants : Jacques COMMAILLE, Alain DESROSIERES, Christophe JAFFRELOT, Alfredo JOIGNANT, Patrick HASSENTEUFEL, Gisèle SAPIRO et Olivier SCHWARTZ. Et en 2001/2002 Gilles DORRONSORO, Jean Michel EYMERI, Eric FASSIN, Claude PENNETIER et Bernard PUDAL, Alain ROUSSILLON, Christian TOPALOV.

Contrats de recherche

Direction d’une recherche élaborée pour le ministère du travail français sur la formation syndicale en Europe . Multigraphié 1995.
Coordination d'une recherche sur le militantisme humanitaire (1995-97) pour le CFSI.
Organisation et direction de la table-ronde “Professions, profession politique” du Congrès de l’AFSP d’Aix 1996.
Contrat en cours avec le Ministère de la Défense sur les Associations d’Anciens Combattants, en collaboration avec aude Cavaillé, Françoise Dreyfus, Fabrice Hamelin , Stéphane Latté et Laurent Willemez .

Spécialités


Socio-histoire du politique. Sociologie politique. Sociologie des organisations politiques et des mouvements sociaux. Sociologie des politiques sociales.


Activités d’enseignement :

en France : Sociologie politique , droit constitutionnel , politique comparée , méthodes des sciences sociales , socio-histoire du politique, sociologie des groupes d’intérêts , sociologie des relations sociales , sociologie des politiques sociales .
Stages de formation d'adultes:
Culture générale politique. Sociologie du syndicalisme. Négociations
collectives et relations sociales . Parité, mixité, égalité. Sociologie des politiques sociales. Sociologie de la démocratie (démocratie politique et démocratie sociale) . La sous-traitance .
A l’étranger :
1994 : Université de Campinas (Brésil ) : Socio-histoire du suffrage universel .
1995 et 1996 : Collèges universitaires de Moscou et de Saint-Pétersbourg : Etat et société civile .
1998 : Université de Marmara ( Istanbul ) Sociologie de la participation politique .
1999, 2001, 2003 : Université de Tampere (Finlande) : Sociologie des relations sociales .
2001: Professeur invité à la New York University pour le cours de French Politics Culture and Society.
2001 et 2002: Université de Lausanne : Institutions Politiques Comparées.


Colloques , Congrès , Conférences et Communications (1998-2002 ):

Les usages des archives en sciences sociales ( Nice Mars 1998).
Les campagnes électorales sous la III ° République en France ( Florence Décembre 1997 ) .Les rituels électoraux ( Rome Janvier 1998) .
Commémorer 1848 ? ( Lyon Février 1998 ) .
Les partis politiques en France ( Helsinki Février 1999) .
Pierre Bourdieu en politique ( Helsinki Février 1999) .
La profession politique ( Rennes Mars 1999) .
Qu’est-ce qu’un parti politique ? ( Madrid Avril 1999 ) .
Analyser les groupes d’intérêts ( Fribourg Suisse Juin 1999) .
Civil Society Interest Groups and Repertoire of Collective Action in the end of 20th Century France (entretiens d’Helsinki Novembre1999).
La socio-histoire du politique (Séance de clôture du congrès de l’Association chilienne de Science Politique Santiago Novembre 1999).
L’élection comme objet de sciences sociales (Le Caire Février 2000).
L’iconographie du suffrage universel (Paris Avril 2000).
Discutant au colloque "L'historicité de l'action publique" (Amiens Octobre 2000).
Discutant au colloque "Les sciences du Gouvernement" (Grenoble Novembre 2000).
Histoire politique et socio-histoire du politique, (Bielefeld Novembre 2000).
Crise et réforme des partis politiques en France (Rabat Février2001).
L'impossible suffrage colonial (Rabat Février 2001).
Société des Etudes Robespierristes , Journée d’étude sur les élections en France 1789/1848 : communication « Représenter l’électeur et l’élection ».
(Mars 2001).
La Rochelle colloque « ONG et action humanitaire: entre militantisme transnational et action publique » , discutant : Qu’est-ce que la société civile ? » . (Avril 2001 ).
Communication au colloque « Les représentations de l’indigène » : Le droit de vote des indigènes dans l’Empire français 1848/1946
( Rabat Avril 2001 ).
New York University : La socio-histoire du politique . (New York
Octobre 2001 )
Assemblée Nationale , président et discutant d’une séance autour du parlementaire français sous la III° République . ( Paris Octobre 2001).
« Comment meurt une république », autour du 2 décembre 1851. Conclusions sur le thème « Qu’est-ce qu’un coup d’Etat ? ». (Lyon Novembre 2001).
Discutant et participant à la table ronde terminale au colloque organisé par l'AFSP sur l'étude des partis politiques en France. ( Paris Février 2002).
Communication à la rencontre franco-allemande de Göttingen : "Le fabuleux destin de la société civile"(Avril 2002).
Communication au congrès de l'Association chilienne de science politique : "Etudier les partis politiques" (Santiago Mai 2002)
Communication au Congrès français de science politique "Les co-productions de la radicalité; l'exemple de la France à la fin du XIX°siècle"
(Lille, Septembre 2002).

Bibliographie

Principales publications (depuis 1983) :

Livres :

Les partis politiques , Paris , Presses Universitaires de France, 1987 , 4° édition 2002.
Co-direction des Mélanges offerts à Marcel David . Convergences Calligrammes 1991 .
Un homme , une voix ? Histoire du suffrage universel , Paris , Gallimard 1993.2° édition Mars 2002.
Sociologie des groupes d’intérêt , Paris , Montchrestien, 1994, 2 ° édition 1998.
Direction de l’ouvrage La profession politique XIX-XX° siècles , Paris, Belin 1999 .


Participation à des ouvrages collectifs :

“ Mobilisations électorales et invention du citoyen “ in Daniel Gaxie
( dir. ) Explication du vote Paris , Presses de la Fondation nationale des sciences politiques 1985.
“ Les militants associatifs et syndicaux au pouvoir ? Capital social et carrière politique “ en collaboration avec Daniel Gaxie in Pierre Birnbaum ( dir . ) Les élites socialistes au pouvoir Paris , Presses Universitaires de France 1985.
Le Manifeste des plébéiens “ de Gracchus Babeuf , “Instruction pour une prise d’armes “ de Auguste Blanqui : présentation pour le Dictionnaire des Oeuvres Politiques F.Chatelet, O.Duhamel et E.Pisier (dir.) P.U.F.
1986.
“ Descendre dans la rue “ in Pierre Favre ( dir. ) La manifestation, Paris , Presses de la Fondation Nationale des Sciences politiques 1990 .
“Les Schneider en politique “ in Les Schneider , Le Creusot . Une famille , une entreprise , une ville, Paris , Fayard 1995 .
“ L’Histoire des politistes “ in Pierre Favre et Jean-Baptiste Legavre
( dir. ) Enseigner la science politique Paris , L’Harmattan 1997 .
"Il parto incantato. Essere cittadini nella Francia dell'Ottocento" in Le Cittadinanze di fine secolo in Europa e America latina sous la direction de Antonio Annino et de Maurice Aymard , Rubbettino 1997.
“ La nationalisation de la citoyenneté civique en France “ in Rafaele Romanelli ( dir. ) How did they become voters ? London , Kluwer 1998.
“ Le nom et le nombre “ in Anne Marie Christin ( dir . ) L’écriture du nom propre Paris , L’Harmattan 1998 .
En collaboration avec Gérard Noiriel "Citizenship and Nationality in Nineteenth-Century France" in European Integration in Social and Historical Perspective 1850 To The Present Rowman and Littlefield Publishers 1999.
Entrées boycottage, carte d’électeur, cooptation, émeutes et manifestations, socio-histoire du politique du Dictionnaire du vote , Pascal Perrineau et Dominique Reynié (dir.) P.U.F. 2001.
"Haires et errances disciplinaires" in Faire de la science politique, Yves Déloye et Bernard Voutat (dir) Belin 2002.
Entrées "Voter" , "Elections" in Dictionnaire de la République , Flammarion 2002, Vincent Duclert et Christophe Prochasson (dir).


Coordinations et préfaces de numéros de Revues :

Genèses : N° 3 : L’invention du syndicalisme 1991.
N° 12: Maintenir l’ordre 1993.
N°20 et 23 : Histoire du politique I et II 1995-1996.
N°28 : Etatisations 1997.
N°31: Femme,famille, individu 1998
N°37: Sciences du politique 2000.
N°46 : Débats et controverses. Mars 2002.
Politix : N°35 :Entrées en politique 1996.

Articles de revues (sélection depuis 1983) :

“Transformation d’une entreprise politique: de l’UDR au RPR 1973-1977”
Pouvoirs 1983/28.
“Illégitimité et légitimation du personnel politique ouvrier en France avant 1914” Annales ESC 1984/4.
“Le nombre de voix. Electeurs , partis et électorat socialistes à la fin du XIX° siècle en France”. Actes de la Recherche en Sciences Sociales 1988/71-72.
“Vie et mort des groupes parlementaires” Le Journal des élections 1988/3.
“En salle. Ethnographie d’une salle de cours “ Politix 1991/14.
“Le vote comme évidence et comme énigme” Genèses 1993/12.
“L’électeur et ses papiers . Enquête sur les listes et les cartes électorales 1848-1939” . Genèses 1993/13.
“Usages et usure de l’hérédité en politique” RFSP 1993/5.
“Eclats de voix. L’élection comme objet de science politique.” Regards sociologiques 1994/7.
“Engagement sociologique. Pierre Bourdieu en politique”. Regards sur l’Actualité Janvier 1999.
“Des voix qui parlent:les élections européennes du 13 Juin 1999 en France” Regards sur l’Actualité Juillet/Août 1999 .
« Les figures du vote , pour une iconographie du suffrage universel » Sociétés et Représentations Septembre 2001.
«Affari elettorali. Candidati ed elettori nelle
campagne elettorali francesi della fine del XIX secolo « in, Memoria e, Ricerca, serie nuova n.8, Juillet-Décembre 2001, pp. 29-47.
en collaboration avec Pierre Favre "La connaissance par questionnaire" RFSP N° 2/3 2002.

Valorisation de la recherche (2001-02)

Entretien dans Alternatives économiques sur le syndicalisme en France, numéro spécial de Juin 2001.
Participation au colloque sur les Associations d’Anciens Combattants dans le cadre du centenaire de la loi de 1901 : « Les Associations d’anciens combattants depuis 1945 ». Paris Juin 2001.
Co-organisation des Salons des thèses de Science Politique, Novembre 2001, Novembre 2002 , Paris.
"Les voies du suffrage" TDC Mars 2002.
Emission pour France-Culture: les Paris des Révolutions . Avril 2002.
Emissions sur France-Inter, France-Culture et Europe 1 autour du suffrage universel (Avril/Mai 2002).

Bilan d'activités 1997/2002


Depuis 1997, j’ai poursuivi mes travaux antérieurs dans trois directions principales : la sociologie du personnel politique, la sociologie des compétences politiques et la sociologie des partis politiques. Ces trois terrains doivent être constamment mis en perspective avec une quatrième dimension de mon activité qui irrigue et informe constamment les trois autres puisque l’approche socio-historique pour laquelle je « milite » implique de travailler tout à la fois sur des terrains dits historiques et sur des terrains contemporains. Cette pente socio-historique m’amène donc à consacrer une partie de mon activité à développer en pratique, et aussi par des retours réflexifs, cette hybridation interdisciplinaire. Cela prend forme d’abord par l’encadrement de doctorants qui choisissent de réaliser des travaux socio-historiques, ce qui signifie tout aussi bien travailler sur une période historique (XIX° ou XX° siècles) sur la genèse d’une institution ou sur des moments clés de cristallisation et d’objectivation sociales.

Cette préoccupation intervient bien entendu aussi dans mes activités éditoriales au Comité de rédaction de Genèses et dans le cadre de la collection Socio-Histoires chez Belin (co-direction avec Gérard Noiriel). Le cadre interdisciplinaire de ces travaux et la variété d’origine des articles et des manuscrits lus et débattus dans ces cadres permettent –en situation et en pratique- de toucher du doigt les convergences existant entre les diverses disciplines des sciences sociales et de souligner nos tropismes disciplinaires. J’ai participé plus strictement à l’élaboration de trois numéros de Genèses (Femme, famille, individu 1998/31 , Sciences du Politique 1999/37 , Débats et Controverses 2002/46 et permis la parution de huit manuscrits écrits par des chercheurs confirmés ou par de jeunes

auteurs. D’autres manuscrits sont en cours de préparation, notre collection publiant de 4 à 6 ouvrages par an.
Cette préoccupation se manifeste également dans le cadre du Groupe de Recherches interdisciplinaires sur le Politique, séminaire de doctorants qui se réunit 7 samedis par an pour travailler le matin avec un chercheur en sciences sociales et l'après-midi sur la thèse en cours d'un doctorant.

Cette pratique de l’interdisciplinarité jointe à des travaux personnels sur des terrains historiques m’a conduit à exposer dans des conférences sur la socio-histoire (Ecole doctorale de Montpellier en 1997, Nice 1998, département de sciences sociales de l’ENS Cachan, 1997 et de l’ENS Ulm 2000, Séminaire IEP Paris 2000, Congrès de l’Association chilienne de Science Politique 1999, Amiens 2000, Grenoble 2000, Bielefeld 2000 , New York 2001 ou comme intervenant ( Colloque Le Caire 2000) dans des publications collectives (Enseigner la science politique L'Harmattan 1997, Dictionnaire du Vote PUF 2001, Faire de la Science politique Belin 2002 , Dictionnaire de la république , Flammarion 2002), l’histoire croisée de nos trois disciplines de référence (histoire sociologie et science politique) en insistant sur les spécificités françaises dans la question des hybridations et des échanges interdisciplinaires et en soulignant comment une partie des politistes avaient reçu l’apport de sociologues et d’historiens.

Ces interventions qui portent sur l’histoire et sur l’épistémologie de notre discipline, se veulent tout à la fois didactiques et programmatiques indiquant la nécessaire inclusion de la socio-histoire de nos disciplines dans notre réflexion et impliquant la nécessaire formation à l’histoire comme horizon ou comme savoir et comme métier pour tout politiste.
Si nécessaires que soient ces interventions, elles ne sauraient se suffire à elles-mêmes et risqueraient même d’être purement rhétoriques si elles ne s’accompagnaient pas d’une autre démonstration en actes sur des terrains d’investigation. Et ce, de deux manières : instiller dans tout objet contemporain de l’épaisseur historique, chercher à accompagner un terrain contemporain d’un terrain historique –et inversement- à titre de comparaison ou à tout le moins de stimulation heuristique.

C’est ce que j’ai tenté de faire sur le terrain de la sociologie de la représentation politique. D’abord en publiant (Belin 1999) les actes retravaillés de la table ronde que j’avais initiée au Congrès de l’AFSP de 1996. Le thème de la professionnalisation politique est actuellement au carrefour de nombreux travaux historiques et sociologiques.( participation comme discutant à des colloques avec des historiens (Paris 2001 et Lyon 2001) Faire un bilan des connaissances et des problématiques sur deux siècles –en France surtout mais aussi de manière comparative- permet de comprendre comment la question -qui sont les professionnels de la politique ?- est à la fois un enjeu de compétition politique et une question centrale de sociologie de la politique. Sans qu’il y ait concordance des champs, il est toutefois intéressant de noter le désintérêt massif des chercheurs pour l’étude du « background » des hommes politiques sur un plan strictement socio-graphique ou sur le plan du renouvellement des thèmes des élites ; cette atonie est tout aussi remarquable dans l’espace politique où la question de l’origine sociale du personnel politique a cédé la place à un débat autour d’autres attributs (notamment le genre) ou autour de la césure pouvant exister entre les professionnels et l’introuvable société civile.

Cette enquête socio-historique aura permis également de revisiter la question de l’émergence des dits professionnels et de retravailler les coupures brutales affichées sous la bannière de la fin des notables et de réévaluer les formes de la « descente vers les masses » de la politique.
Elle aura eu aussi pour effet de nous autoriser à établir des ponts avec l’approche sociologique des professions puisque le terme de professionnel de la politique peut se prêter –non sans surprise et non sans difficulté- à une telle confrontation.

C’est dans cette direction que je souhaite poursuivre mon travail en reprenant une enquête menée à la fin des années 80 sur les dirigeants syndicaux français. Ce matériau a été très partiellement utilisé dans Sociologie des groupes d’intérêt (2° édition remaniée en 1998), ouvrage dans lequel j’ai replacé le syndicalisme (et donc les syndicalistes) dans l’espace des formes de représentation en faisant communiquer sociologie des mouvements sociaux, sociologie des associations, sociologie de la « société civile »( intervention au colloque de La Rochelle 2001 et à Göttingen 2002) etc…, sociologie des professions et des organisations. Sur ce terrain délaissé, il y a nombre de questions à réouvrir en comparant transversalement les diverses formes de mobilisation et de répertoires d’actions qui constituent historiquement nos manières intériorisées de construire, d’accepter ou de tenter de transformer notre quotidien individuel ou collectif. J’ai ainsi prolongé Sociologie des groupes d’intérêt en abordant les répertoires français d’action collective et les approches sociologiques (entre l’importation d’une conceptualisation américaine notamment et la défense d’une tradition hexagonale spécifique) françaises (Journée de l’AFSP sur l’étude des groupes d’intérêt 1998, conférence à Fribourg 1999 –à paraître- et co-organisation des entretiens d’Helsinki et notamment de la première session consacrée à la comparaison des formes de l’action collective en France et en Finlande 1999 ).
C'est dans cette optique que j'ai accepté de diriger une recherche initiée par le Ministère de la Défense portant sur les associations d'anciens combattants qui constituent un ensemble d'associations très "traditionnelles" et très mal connues depuis les travaux historiques d'Antoine Prost ( j'ai participé pour ce faire à la séance sur le centenaire de loi de 1901).
Le retour historique effectué au congrès de Lille de 2002 m'a permis d'approfondir l'idée des registres de résilience dont disposent de manière très différentielle , historiquement et socialement , les agents sociaux .

Cette attention prêtée à la sociologie de ces organisations n’a pas manqué de me faire revenir également sur mon premier travail sur les partis politiques simplement remis à jour (PUF 3° édition 1997) mais qui a nécessité une refonte en 2002. La sociologie des partis politiques (objet relativement délaissé en France) a connu de multiples développements (à l’étranger mais aussi en France pour peu que l’on ne s’attarde pas sur les objets explicites de recherche ) et la place relative des dits partis politiques dans l’offre politique mérite aussi une réévaluation. J’ai ainsi réouvert un séminaire sur ce thème en DEA à Paris 1 enquête avec les étudiants sur les partis "vus par en bas " et sur "médias et partis politiques" et j’ai commencé à reprendre ce dossier dans des conférences (Nice 1998, Madrid 1999, Paris 1999 , Santiago 2002). La 4° édition de ce Que sais-je est sortie cette année. J'ai participé comme discutant et comme intervenant aux deux journées organisées sur ce thème par l'AFSP en Janvier 2002.
Le dépouillement en cours d'une enquête par questionnaire, passée auprès des étudiants de 1° année de droit, devrait également permettre de prolonger cette investigation en travaillant sur les usages faits par les agents sociaux des sigles et des points de repère partisans .

Le second volet de mes activités de recherche prolonge des travaux initiés depuis une vingtaine d’années autour de la socio-histoire du suffrage universel en France (et par la participation à des rencontres de manière comparative). Cet investissement de longue haleine a donné lieu à des synthèses et mises au point au cours de colloques (Institut Européen 1997, Ecole Française de Rome 1998, IEP Lyon 1998, Assemblée Nationale 1999), de conférences (Le Caire 2000) et de publications (1998 dans l’ouvrage collectif dirigé par R. Romanelli et en collaboration avec Gérard Noiriel dans celui dirigé par J. Klausen et L. Tilly), ou en italien ,
paru dans Memoria e Ricerca (2002) (sur les campagnes électorales au XIX° siècle en France).
Cet intérêt s'est élargi par l'ouverture d'un nouveau terrain consacré au vote aux colonies sous la domination française (Conférence et intervention au Centre Jacques Berque de Rabat , Février et Avril). Au fil de ces contacts, j’ai ainsi pu me rendre compte combien la recherche française, même si elle est éclatée entre plusieurs approches qui peuvent apparaître comme contradictoires (histoire politique, sociologie historique, histoire conceptuelle du politique ou socio-histoire du politique) pouvait apparaître diversifiée et développée.

Ce travail sur le temps long de la politisation se prolonge actuellement par une réflexion sur les questions d’iconographie du suffrage universel (2000 Colloque dramaturgie du politique, et journée de la Société des Etudes Robespierristes 2001, article paru dans Sociétés et Représentations 2001 et à paraître dans les istoriques Annales historiques de la Révolution française 2002) dans laquelle je prolonge les acquis de l’ouvrage iconographique de vulgarisation paru en 1993 (Un homme une voix ?, Gallimard Découvertes réédité en Mars 2002 et pour le CNDP Les voies du suffrage TDC Mars 2002). Il se prolonge aussi par l’approfondissement d’une étude de cas réalisée sur le rapport paternaliste d’autorité à partir de l’étude de l’emprise sociale et politique réalisée au Creusot autour de la ville usine Schneider (cf. mes travaux antérieurs à ce sujet).

Cette approche socio-historique de la politisation est également adossée sur un retour concernant les questions classiques de compétence et de connaissances politiques dans les sociétés contemporaines. Si l’on compare de ce point de vue la recherche française aux recherches américaines notamment (cf. confrontations réalisées dans le cadre du programme ECOS à Paris et à Santiago) le déficit de notre science politique apparaît flagrant. C’est une des premières conclusions à laquelle nous sommes parvenus Pierre Favre et moi-même dans le cadre du dépouillement de l’enquête que nous avons coordonnée auprès des étudiants de 1° année de droit et d’IEP. Les travaux de références sur les connaissances politiques des français sont très dispersés, lacunaires et anciens (l’ancienneté pouvant aussi receler des connaissances bien stabilisées). En second lieu la référence aux travaux américains reste marginale (même si il existe bien des controverses françaises autour de la question de la politisation et des connaissances politiques). Le dépouillement de notre enquête aura confirmé ce que l’on savait déjà concernant le rapport différentiel à la politique « légitime » (celle des professionnels du commentaire et de l’activité politique) : les variables socio-culturelles sont bien prédictives des formes d’appropriation des connaissances politiques. Cette enquête nous aura permis aussi, tant à partir des questions fermées, qu’à partir des questions ouvertes, de travailler sur les réponses susceptibles d’être données au hasard dans ce type de questionnaire et sur les logiques de l’erreur qui permettent de réfléchir sur la façon dont les agents sociaux bricolent des connaissances et des approximations quand ils sont dans une situation d’interaction à consonance politique.

L’article paru dans la RFSP sera prolongé par une poursuite du dépouillement de la partie du questionnaire portant sur les partis politiques et peut-être par un prolongement plus ambitieux focalisé sur un public plus large que les seuls étudiants de droit et d’IEP.